Gnôsis : La connaissance

nouveauté

 


Le mot gnose trouve son origine dans l’indo-européen, au néolithique, pour évoluer vers le sanskrit et le grec.


Il apparaitra en français sous la plume de Bossuet qui, dans sa critique de l’œuvre de Clément d’Alexandrie, s’attaquait à Fénelon et au quiétisme de Madame Guyon, pour finalement revenir avec une définition dans le dictionnaire de Littré.

À la suite des grandes découvertes archéologiques du 19ème siècle, les églises ont dû demander à leurs plus prestigieux linguistes d’écrire des nouvelles traductions de la bible. C’est l’abbé Crampon, dans sa traduction de la bible de la 1ère épître de Timothée de Paul de Tarse, qui donnera un autre sens au mot gnose.
Les vraies gnoses seront définies du début du christianisme jusqu’à la fin des persécutions des chrétiens au 4ème siècle par le passage d’un message oral à la nécessité d’avoir un support écrit, expliquant ainsi ce qu’est la vraie gnose, la vraie connaissance.
Les fausses gnoses ont commencé à apparaitre dès le début du christianisme avec l’apparition d’autres prophètes, d’autres messies, au départ contemporains de Jésus-Christ puis laissant place à d’autres doctrines qui avaient des interprétations différentes du message de Jésus-Christ, de celui rapporté par ses apôtres et ses disciples.
Ce sont les détracteurs de ces fausses gnoses qui, au travers de leurs critiques de ces doctrines, ont permis de laisser une trace dans l’histoire de ces nombreux mouvements.
Ces mêmes hérésiologues ont catalogué/rangé les doctrines de ses différents mouvements prônant une fausse gnose en ariens, gnostiques et autres hérésies.
Les découvertes archéologiques du 19ème siècle et du 20ème siècle des textes des « gnostiques » nous ont apporté un éclairage nouveau sur des doctrines que nous ne connaissions (mal) que par les descriptions sommaires et (parfois) outrancières de leurs fameux détracteurs.
Nous pouvons mieux définir ce qu’est le gnosticisme et comprendre son évolution vers d’autres théories se réclamant des gnostiques


entretien avec l'auteur

Q : Pourquoi avoir écrit livre sur la gnose ?

R : Il y a de nombreuses années, et même quelques décennies maintenant, dans le cadre de mon parcours maçonnique je me suis intéressé à la gnose. Le sujet m’a paru complexe et beaucoup de mes questions sont restées sans réponses et je me suis promis de revenir un jour sur le sujet.

Q : Qu’elles ont été vos questions sur le sujet ?

R : Je me suis rendu compte que la gnose comportait de nombreuses définitions, dans les dictionnaires, et que ces définitions étaient complémentaires mais souvent contradictoires. J’avais l’impression d‘avoir plusieurs réponses à des questions différentes alors que je ne cherchais juste qu’à définir un mot. En plus, des noms comme ceux de Bossuet et Paul de Tarse revenaient assez souvent. Mes recherches étaient, à l’époque, sur des sujets différents et je pressentais que ce sujet impliquerait des recherches compliquées et longues.

Q : En quoi les recherches pouvaient s’avérer compliquées ?

R : Comme je vous l’ai dit, des noms revenaient souvent et en particulier celui de Paul de Tarse. J’ai une certaine habitude des recherches sur l’antiquité et j’ai appris, par expérience, que les sources d’époque sont peu nombreuses, que les témoignages des contemporains sont rares quand ils n’ont pas été déformés par des rapporteurs qui essaient de faire passer un message orienté. En plus, de nombreux autres auteurs, plus ou moins modernes, ont énormément écrit sur ces sujets en manquant souvent d’objectivité et en essayant de combler les vides avec les connaissances qu’ils avaient. Par exemple : sur le sujet de la gnose et des gnostiques, jusqu’à la découverte des manuscrits de Nag Hammadi, ce que nous savions provenait des détracteurs des hérésies comme Justin de Néapolis, Irénée de Lyon, Eusèbe de Césarée, Jérôme de Stridon, et bien d’autres.

Q : Donc il y avait suffisamment d’écrits pour mener des recherches ?

R : La réponse n’est pas aussi simple. Les écrits des hérésiologues ont fait l’objet de plusieurs recopies et de traductions, ce qui incite à une extrême prudence quand on les étudie et en plus certains de leurs ouvrages ont été perdus ou, je l’espère, pas encore retrouvés. En plus, la gnose est un sujet qui touche à la religion et en particulier à la religion chrétienne, donc les écrits sont forcément orientés.

Q : Beaucoup d’ouvrages ont donc été perdus ou « modifiés » ?

R : C’est la difficulté des recherches sur cette période. Les ouvrages n’ont pas été forcément perdus dans le sens excessif que l’on pourrait penser. En effet, nous parlons d’une période où l’imprimerie n’existait pas encore et où les ouvrages étaient manuscrits, donc écrits à la main. Les lettrés étaient peu nombreux à l’époque, essentiellement des scribes ou écrivains proches du pouvoir étatique ou religieux. Et il faut savoir qu’un ouvrage pour être diffusé devait être recopié par des scribes/écrivains ce qui coutait relativement cher à l’époque et prenait aussi beaucoup de temps. Donc seuls les manuscrits dignes d’un intérêt étaient recopiés et diffusés. Des chercheurs ont étudié ce phénomène et actuellement nous ne posséderions moins de 1% des écrits grecques et ou romains.

Q : Alors comment faire pour être sûr que vous avez les bons renseignements ?

R : Parce qu’il y avait une habitude chez les scribes/écrivains de l’époque qui était que quand ils citaient un autre auteur, ils avaient l’habitude de reproduire le passage de cet auteur et même parfois des pans entiers de leurs œuvres. A titre d’exemple, un auteur comme Celse dont aucun de ses ouvrages, ni aucune copie, ne sont parvenus jusqu’à nous, a pu faire l’objet d’une édition (et traduction) parce que de nombreux auteurs avaient reproduits des passages de ses œuvres. Donc de nombreux manuscrits/livres/ouvrages ne nous sont connus que par les morceaux de citations faits par d’autres auteurs, mais ce n’est pas toujours le cas.

Q : Est-ce que des ouvrages ont été détruits ?

R : Il y a effectivement eu des destructions d’ouvrages qui était le fait des répressions romaines puis religieuses, avec des incendies volontaires ou accidentels, dont on peut difficilement estimer l’impact. Tout le monde a entendu parler de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, mais historiquement il est difficile de savoir quand a vraiment eu lieu cet incendie, en plus Alexandrie possédait plusieurs bibliothèques (au moins quatre de mémoire) qui était des lieux où l’on centralisait toutes les pensées de l’époque. Quand un ouvrage était très ou trop consulté, on le recopiait. Le fameux « on » pouvant être un riche citoyen qui finançait sa propre bibliothèque (à l’époque la culture était une démonstration de richesse) ou un centre religieux dans lequel était gardé les ouvrages nécessaires à l’étude ou bien des gouvernants qui centralisaient ce qui était écrit.

Q : Que savait on des gnostiques avant la découverte des manuscrits de Nag Hammadi ?

R : En réalité, nous savions beaucoup de choses et il faut relativiser la découverte des manuscrits de Nag Hammadi. Notre savoir des gnostiques provenait des écrits de leurs détracteurs, qui avaient essayé de comprendre leurs doctrines afin de mieux les combattre, généralement en recopiant des parties de textes gnostiques et en y rajoutant des commentaires souvent lapidaires. Pour Nag Hammadi, il faut savoir que nous avons découvert une bibliothèque d’un mouvement gnostique, les valentiniens, qui avait émigré en Egypte et les manuscrits découverts ne sont pas une explication détaillée de ce qu’était le gnosticisme mais juste le support théologique pour l’enseignement gnostique. Cette découverte est très importante parce que nous avons pu avoir accès à des écrits que nous ne connaissions que de manière parcellaire ou dont nous avions simplement des références sans avoir des extraits.

Q : En quoi votre livre apporte quelque chose de nouveau sur les gnostiques et la gnose ?

R : Je me suis posé des questions et je pense que d’autres se les posent. J’ai essayé de comprendre ce qu’était la vraie gnose en m’interrogeant sur ce que nous savions du message de Jésus-Christ à l’époque où il était encore vivant, puis sur ce que nous savions sur ce même message qui avait forcément évolué après sa crucifixion et qui était propagé par ses apôtres puis sur ce que ce message était devenu après la disparition des apôtres et pourquoi il y avait des écrits (évangiles et épîtres), pourquoi certains avaient choisi tel écrit plutôt qu’un autre.

Q : Est-ce que tout ceci ne nous éloigne pas des gnostiques ?

R : Au contraire, comme l’église a présenté/condamné les gnostiques comme étant contraire à la chrétienté, il me semblait nécessaire de définir le message, la vraie gnose, avant de pouvoir comprendre ce qu’était la fausse gnose, celle au nom menteur. La plupart des ouvrages que j’ai pu lire donne une explication de ce qu’était le gnosticisme alors que le gnosticisme, tout comme le christianisme, a eu une période de maturation où la théorie gnostique s’est construite. Ce que l’on définit comme les premiers gnostiques étaient des contemporains de Jésus-Christ puis comme dans le christianisme d’autres théologiens leur ont succédé. En réalité ce sont des histoires parallèles que l’on ne peut étudier isolément au risque de mal en comprendre une au détriment de l’autre.

Q : Est-ce que l’on sait pourquoi les gnostiques ont disparu ?

R : Il faut d’abord expliquer que les gnostiques ne sont pas un courant unique de pensée mais que ce terme représente plusieurs mouvements qui ont été qualifiés de « gnostique ». Donc dans cette prolifération de mouvements, certains ont disparu par manque de nouveaux adeptes ou bien parce qu’ils avaient été victimes des persécutions romaines (qui ne touchaient pas que les chrétiens mais aussi ceux qui refusaient d’adhérer à la religion des romains) ou bien parce qu’ils ont été persécutés après par les chrétiens, plus exactement l’église chrétienne, mais aussi les autres hérésies. Au 4ème siècle, au moment où la religion chrétienne devient la religion officielle de l’Empire romain la plupart des mouvements gnostiques ont disparu ou bien sont rentrés dans la clandestinité ou bien sont partis plus loin. Seulement le message des gnostiques n’a pas été perdu puisqu’il a influencé d‘autres courants religieux qui se sont réclamés d’eux.

Q : Pourquoi, s’il y avait autant de mouvements gnostiques, on parle du gnosticisme comme d’une seule religion/philosophie ?

R : Parce que seuls certains courants ont survécu comme les marcionites et les valentiniens, dont les deux doctrines étaient similaires, d’ailleurs la plupart des écrits sur le gnosticisme ne font que résumer la pensée valentinienne (celle dont on a retrouvé les écrits à Nag Hammadi) en omettant les différences théologiques. Le gnosticisme a dû son succès au fait qu’il répondait à une question fondamentale de la pensée humaine, à savoir la différence entre le bien et le mal et qui les avait créés. Les gnostiques apportaient une réponse, souvent en opposition avec l’église chrétienne qui les a fait condamner comme hérétiques.

Q : Est-ce que votre livre s’adresse à tout le monde ?

R : Mon livre s’adresse aux personnes qui, comme moi, se posent des questions. Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour s’intéresser à ce sujet, mon livre n’a aucune prétention religieuse, mais juste de s’intéresser à l’histoire de ce que nous sommes et l’étude de de cette histoire apportera une réponse ou un élément de réponse.

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Docteur DA en musicologie, docteur en histoire et archéologie égyptienne et biblique, ancien maître de conférence, ancien professeur des universités, a abandonné le milieu universitaire pour des raisons personnelles, tout en continuant de mener des recherches sur l’histoire dans des domaines qui l’intéressaient un peu plus.

Table des matières

Avertissements 7
Définition(s) de la Gnose 9
1. L’origine du mot 9
1.1. Etymologie 9
1.2. Gnose un mot féminin 9
1.3. Les origines proto indo-européenne 10
1.4. Du sanskrit au grec 10
2. Bossuet, inventeur du mot « gnose » 11
3. Première apparition dans un dictionnaire 13
4. Apparition dans le Littré 13
4.1. Les définitions du Littré 14
4.2. Littré et le gallicanisme 14
4.3. Bossuet et le quiétisme 15
4.4. Autres définitions du Littré 17
5. Quelques autres définitions 18
5.1. Définition du Larousse 18
5.2. Définition de l’internaute 18
5.3. Définition du Parisien 19
5.4. Définitions du Wiktionnaire 19
6. Conclusion sur les définitions 21
Apparition du mot gnose 23
1. Première apparition attribuée à Saint Paul 23
1.1. L’abbé Crampon 23
1.2. L’édition de 1898 – 1904 24
1.3. L’édition de 1923 25
1.4. La version en grec 27
1.5. Pourquoi citer l’abbé Crampon ? 28
2. Qui était Saint Paul ? 28
2.1. Paul était-il un apôtre ? 29
2.2. Les sources biographiques 31
2.3. Sa naissance et son nom 32
2.4. Paul le persécuteur 33
2.5. La conversion de Saul/Paul 34
2.6. Le 1er voyage de Paul 34
2.7. Le concile de Jérusalem 35
2.8. Les deux derniers voyages de Paul 36
2.9. Les arrestations de Paul 37
2.10. Conclusion 39
3. Les traductions de la bible 40
3.1. La nécessité de mise en écrit 40
3.2. Les persécutions de Dioclétien 41
3.3. L’apparition des Codex 42
3.4. L’invention de l’imprimerie 43
3.5. Les découvertes de Constantin von Tischendorf 44
3.6. Conclusion 45
Aux origines de la vraie gnose 47
1. Les premières prédications 47
1.1. Jean le Baptiste 47
1.2. Les disciples de Jésus 48
1.3. La septante 51
2. Les prédications de l’après résurrection 52
2.1. La profession de foi de Pierre 53
2.2. La profession de foi de Paul 54
3. Les prédications après les apôtres 54
3.1. Les premières persécutions des chrétiens 55
3.1.1. La persécution de Néron 56
3.1.2. La persécution de Domitien 57
3.1.3. La persécution de Trajan 57
3.1.4. La persécution de Marc Aurèle 58
3.1.5. La persécution de Septime Sévère 59
3.1.6. La persécution de Maximin le Thrace 60
3.1.7. La persécution de Dèce 60
3.1.8. Les persécutions de Valérien 62
3.1.9. L’édit de tolérance de Galien 63
3.1.10. La persécution d’Aurélien 64
3.1.11. La persécution de Dioclétien 64
3.1.12. L’édit de tolérance de Galère 66
3.1.13. L’édit de Constantin 66
3.1.14. La place des martyrs 67
3.2. Le concile de Nicée 68
3.3. La fin de Constantin 71
4. Après l’oralité, le support écrit 72
4.1. La rédaction du nouveau testament 72
4.1.1. Les évangiles 74
4.1.2. Les actes des Apôtres 75
4.1.3. Les épîtres de Paul 75
4.1.4. Les épîtres des disciples 77
4.1.5. L’apocalypse de Jean 78
4.2. Les anciens textes 79
5. Conclusion 81
La gnose au nom menteur 83
1. Les différents conciles et édits 83
1.1. Les conciles de Constantinople et d’Aquilée 83
1.2. Les anathèmes 84
1.3. Les édits de 391 86
2. Les difficultés de la recherche 87
3. Une confusion dans les termes 89
3.1. Anathème 89
3.2. Apocryphe 89
3.3. Hérésie 91
4. Les antis gnostiques 92
4.1. Justin de Néapolis 93
4.2. Irénée de Lyon 94
4.2.1. Le disciple de Polycarpe 95
4.2.2. Le disciple de Papias 96
4.2.3. L’arrivée en Gaule 97
4.2.4. Les écrits et la pensée d’Irénée 97
4.3. Clément d’Alexandrie 99
4.4. Tertullien 100
4.5. Cyprien de Carthage 101
4.6. Eusèbe de Césarée 102
4.7. Jérôme de Stridon 104
5. Les premiers gnostiques 107
5.1. Simon le Mage 108
5.1.1. Simon le Mage dans les Actes des Apôtres 108
5.1.2. Simon le Magicien dans les Actes de Pierre 109
5.1.3. Simon chez Justin Martyr 110
5.1.4. Simon l’hérétique chez Hippolyte de Rome 111
5.1.5. La simonie 114
5.1.6. Qu’est-ce qu’un Mage ? 115
5.1.7. Les autres mages des évangiles 116
5.2. Nicolas le Diacre 118
5.2.1. Nicolas le Diacre et les Actes des Apôtres 118
5.2.2. Les nicolaïtes 118
5.2.3. Les nicolaïtes, Nicolas et la suite… 120
6. Les gnostiques 120
6.1. Ménandre de Samarie 121
6.1.1. Basilide 121
6.1.2. Cerdon 122
6.1.3. Marcion de Sinope 123
6.1.4. Apelles 125
6.2. Dosithée de Samarie 125
6.3. Saturnin 126
6.4. Valentin et les valentiniens 127
6.4.1. Le découpage du monde 127
6.4.2. Les différents noms de Dieu 128
6.4.3. La déchéance de Sophia 129
6.4.4. L'angélologie 131
6.4.5. Les deux courants valentiniens 131
7. Les autres gnostiques 132
7.1. Le courant Séthien 132
7.1.1. Les valésiens 134
7.1.2. Les archontes 134
7.2. L’encratisme 135
7.3. L’hermétisme 136
7.4. Le manichéisme 137
8. Conclusion 139
Le gnosticisme 143
1. Le gnosticisme 143
1.1. Le découpage de l’humanité 143
1.2. Les mythes gnostiques 144
1.2.1. L’origine du monde 144
1.2.2. Le « Dieu » gnostique 144
1.2.3. La rédemption gnostique 145
1.2.4. La création de l’homme 146
1.2.5. Le sauveur gnostique 146
2. La continuité du gnosticisme 146
2.1. Les pauliciens 147
2.2. Le bogomilisme 148
2.3. Les cathares 149
3. Les gnostiques modernes 150
3.1. La société théosophique 150
3.2. L'église gnostique en France 151
3.3. L’église Gnostique Universelle 151
3.4. Ecclesia Gnostica 151
3.5. Ecclesia Gnostica Mysteriorum 152
3.6. Le mouvement anthroposophique 152
4. La franc-maçonnerie 152
Photos 155
Evangile selon Marc 157
Evangile de Matthieu 157
Evangile de Luc 158
Evangile de Jean 159
Actes des Apôtres 160
Epîtres pauliniennes 161
Epître à Philémon 161
Epître à Tite 162
Epître de Jacques 163
Epître de Jacques 164
Les autres épîtres 164
Codex Alexandrinus 165
Codex Augiensis 166
Codex Boernerianus 167
Codex Sinaiticus 168
Codex Vaticanus 169
Codex Bezae 170
Codex Ephraemi rescriptus 171
Codex Regius 171
Les annexes 173
Annexe 1 L’imprimatur 175
1. L’imprimatur catholique 175
1.1. L’imprimi potest 176
1.2. Le nihil obstat 176
1.3. L’imprimatur 176
1.4. Conclusion 177
2. L’imprimatur en droit anglais 177
3. L’imprimatur juive 177
4. L’imprimatur chez les protestants 177
5. L’imprimatur chez les orthodoxes 178
6. L’imprimatur chez les musulmans 178
Annexe 2 Les épîtres de Paul 179
1. Les épîtres pauliniennes 180
1.1. L’épître aux Romains 180
1.2. La première épître aux Corinthiens 180
1.3. La deuxième épître aux Corinthiens 181
1.4. L’épître aux Galates 181
1.5. L’épître aux Ephésiens 181
1.6. L’épître aux Philippiens 182
1.7. L’épître aux Colossiens 182
1.8. Les deux épîtres aux Thessaloniciens 183
1.9. Les deux épîtres à Timothée 183
1.10. L’épître à Tite 184
1.11. L’épître à Philémon 184
1.12. L’épître aux hébreux 184
2. L’ordre des épîtres pauliniennes 185
2.1. Les types de lettres 185
2.2. La relation avec Jésus-Christ 186
2.3. La vision de Jésus-Christ dans les épîtres 186
2.4. La relation avec l’évangile 187
Annexe 3 Le décret de Damase 1er 189
1. Contenu 189
1.1. Tomus Damasi 189
1.2. Decretum Damasi 192
2. L’originalité du texte 194
Annexe 4 Le 3ème concile de Carthage 195
1. Contenu 195
2. L’originalité du texte 195
Annexe 5 Le décret de Gélase 197
1. Il a été dit : 198
1.1. Premièrement, détail de l'Esprit aux sept aspects qui demeure en Christ 198
1.2. La répartition du Nom du Christ est néanmoins multiforme 198
1.3. l'Esprit n'est pas l'esprit du Père seulement 199
2. De même, il est dit 199
2.1. Ordre de l'Ancien Testament 199
2.2. De même, Ordre des Prophètes 200
2.3. De même, ordre des Histoires 200
2.4. De même, Ordre des Ecritures du Nouveau Testament que la sainte et catholique Eglise romaine reçoit et qui est vénéré 201
3. de même, il est dit : 202
3.1. Après toutes ces Ecritures prophétiques, évangéliques et apostoliques 202
3.2. A cela s'est ajouté également la compagnie du très bienheureux Apôtre Paul, 202
3.3. Le premier siège de l'apôtre Pierre est donc l'Eglise romaine qui n'a ni tache, ni ride, ni rien de semblable. 202
4. Et bien que personne 203
4.1. Le saint synode de Nicée, 203
4.2. 203
4.3. De même la lettre du bienheureux pape Léon 204
4.4. De même les Actes des saints martyrs, 204
5. Le reste, qui a été composé ou proclamé par des hérétiques ou des schismatiques 206
Remarques 211
1. Origine du texte 211
2. Contenu du texte 211
2.1. Première partie 212
2.2. Deuxième partie 212
2.3. Troisième partie 212
2.4. Quatrième partie 212
2.5. Cinquième partie 212
Annexe 6 Le canon de Muratori 213
1. Le canon de Muratori 213
1.1. Le texte en latin 213
1.2. La traduction en français 215
2. La découverte 218
Annexe 7 Les manuscrits de Nag Hammadi 221
1. Les manuscrits de Nag Hammadi 221
1.1. Codex 1 221
1.2. Codex 2 222
1.3. Codex 3 222
1.4. Codex 4 222
1.5. Codex 5 222
1.6. Codex 6 222
1.7. Codex 7 222
1.8. Codex 8 223
1.9. Codex 9 223
1.10. Codex 10 223
1.11. Codex 11 223
1.12. Codex 12 223
1.13. Codex 13 223
2. La découverte 223
Annexe 8 Liste des hérétiques d’Augustin d’Hippone 225
1. Liste des hérétiques d’Augustin d’Hippone 225
1.1. Liste des hérétiques 225
2. Augustin d’Hippone 231
Bibliographie 233
Table des matières 240


Titre : Gnôsis : la connaissance
Auteur : Frédéric de Villard-Aubaud
Nb. pages: 245 pages
N° ISBN : 978-2-36353-051-6
Prix public : 26,10€
Poids : 410 g.
N°ISBN/ePub : N.A

Date édition : mi-novembre 2018- tirage limité

un extrait de l'ouvrage à paraître...

1.1.  Valentin et les valentiniens

Valentin est né à Phrébon en Egypte au début du 2e siècle. Il a été éduqué à Alexandrie avant de partir pour Rome en 135 pour y enseigner jusqu’en 160. Il est mort à Chypre vers 160.
 En 143 (selon Tertullien mais plus vraisemblablement en 142), il a été candidat pour être évêque de Rome contre Pie 1er. Il est également écrit qu’il a été excommunié à cause de ses conceptions mais personne ne cite à quelle date.
Pendant très longtemps la doctrine de Valentin nous a été livrée par Irénée de Lyon (dans « Contre les hérétiques »), par Tertullien (dans « Contre les Valentiniens »), par Hippolyte de Rome (dans « Réfutation de toutes les hérésies ») et par Epiphane de Salamine (dans « Panarion »).
 Aucun écrit de Valentin n’était parvenu jusqu’à nous à part quelques extraits de ses détracteurs, jusqu’à ce qu’en décembre 1945 des paysans égyptiens ne découvrent dans une jarre plusieurs papyri qu’ils ont essayé de vendre. Après de multiples péripéties (récupération par des antiquaires/trafiquants, saisie par le gouvernement, etc.), les manuscrits composés de douze livres (plus un treizième) complets ont pu être confiés au Musée Copte du Caire.
Les manuscrits de Nag Hammadi sont probablement issus d’une communauté de valentiniens qui les a cachés par peur des persécutions/destructions. C’est ce que l’on suppose parce qu’aucune mention sur les codex découverts et aucun commentaire ne vient confirmer cette thèse. Mais il serait surprenant que les manuscrits de Nag Hammadi soient la composition exacte de la bibliothèque de référence des valentiniens (telle que décrite par ses détracteurs) par pur hasard, avec quelques textes en plus.
Grâce aux détracteurs et aux découvertes de Nag Hammadi, il est plus facile de définir la doctrine des valentiniens.
1.1.1.   Le découpage du monde
Selon les valentiniens, le monde se décline en trois niveaux :

-       L’Abîme qui correspond au Père. C’est le vide positif. L’Abîme est ce qu’il y a tout en haut. Il garde la signification de abussos, c’est-à-dire qu’il est l’infranchissable. Il a aussi un autre nom anexikhniastos (celui dont on ne peut trouver la race). Il correspond au Père.-       Le Plérôme (la Plénitude) et le Monogène (Fils un) sont arkhê (un des noms du logos) de cette plénitude. Ce Plérôme est à la fois le Fils et une multitude.

-       Le « hors du Plérôme » qui correspond à notre espace. C’est le vide de « manque », un vide négatif, un vide de carence.

 Si le Plérôme est plénitude, ce qui est en dehors est un vide de manque, un mauvais vide, le vide indu. Si l’espace de plénitude est lumière, ce qui est en dehors est espace de ténèbre. Si l’espace de plénitude est sagesse, ce qui est en dehors est folie ou sottise.
 Le vide, la ténèbre et la folie, sont employées par Paul pour désigner l’espace dans lequel nativement nous nous tenons. Cette énumération ternaire se retrouve dans l’épître aux Éphésiens, c’est une énumération constante et structurelle qui se trouve précieusement gardée par les Valentiniens alors que la grande Église ne la retient pas.

1.1.2.   Les différents noms de Dieu

-       L’Abîme est le Dieu innommable (que l’on ne peut nommer) vers qui nous tourner. Si nous prions notre idée de Dieu, nous sommes idolâtres car nos idées sont toujours de petites idées, des idoles. La prière, c’est de s’adresser au Dieu plus grand que notre pensée de Dieu et que notre désir même de Dieu, de Dieu qui surpasse tout désir.
-       Le Plérôme est le Nom de Dieu (le Fils c’est le Nom). Le passage que nous faisons sur le ternaire (Abîme, Plérôme et hors du Plérôme), oriente notre regard vers la parole, nous nommons l’Abîme précisément innommable, et c’est pourquoi le Plérôme est le Nom de Dieu. Le Fils c’est le Nom, le Nom du Dieu innommable. Le fils en effet hérite du nom.
-       Le déploiement du Nom en multiples dénominations (ou éons), le Plérôme est l’ensemble des dénominations de Dieu. Il y a un seul Nom mais ce Nom se déploie en multiples dénominations qui ne sont pas des dénominations extérieures mais l’essence de ce qui est que l’on nomme des éons.
-       Le Logos (la Parole) vient avant l’Anthropos (l’Homme). C’est-à-dire que l’homme n’est rien que le porte-parole, le porteur de la parole, celui qui recueille la parole, la parole qui le précède.

 Du couple Logos et Vie émanent dix dénominations (ou éons) qui sont sans importance, et douze émanent de l’Homme et Ekklesia. Au total cela fait 30 : c’est-à-dire 10 et 12 plus les 4 couples indiqués.
On peut voir qu’il y a deux écoles valentiniennes : une école qui dit que l’Abîme ne peut être que seul, il ne peut pas avoir de compagne et puis une école qui commémore une compagne.
 -       Le démembrement du Nom initié dans le Plérôme ouvre le Hors-Plérôme. Il y a le Nom et le déploiement du Nom, mais il n’y a pas seulement un déploiement, il y a aussi un démembrement du Nom. Le thème du démembrement du Nom se trouve aussi dans certaines mystiques juives.
-       Le démembrement du Nom introduit par Sophia dans le Plérôme. Le 12e éon issu de l’Homme et Ekklêsia s’appelle Sophia (la Sagesse). C’est donc le 30e éon. Il s’agit de la Sophia en tant qu’elle est Sophia de l’homme, nous ne sommes pas ici dans le champ où la Sophia égale l’Esprit Saint. C’est juste un des noms du Christ.